Interview à propos de mon livre

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Cet ouvrage est le fruit des réflexions d’un patricien du santur, depuis près de 30 ans, il s’appuie sur mon expérience musicale d’une part, sur des documents écrites d’une autre comme sur des discussions avec des musiciens de différentes horizonne. Ma pratique personnelle de l’instrument sert aussi parfois de référence. Le résultat est que, plus qu’à de l’ethnomusicologie (discipline très critiquable, j’y reviendrai), j’introduis ici à la socio musicologie du monde iranien. L’ethnologue vient généralement d’une autre culture : étant moi-même Iranien, il m’est difficile de l’être. L’ethnologue dit : comment peut-on être persan ? L’iranien qui joue du santur lui répond : Comment peut-on être ethnomusicologue ? Un discours dominant prône la distance, comme, le critère scientifique de l’ethnomusicologue. Parlons-en. J’ai vu venir en Iran sur le terrain, des ethnologues patentés. Que dire de leurs pratiques ? Même s’ils portaient avant la révolution islamique les cheveux longs, depuis la barbe, même s’ils s’habillent de manière locale ils n’en transportent pas moins avec eux une idéologie coloniale. Elle opère de manière quasi militaire en quadrillant le territoire, à l’apprêt de ce qu’un stratège aurait appelé des poches de résistance et qu’eux appellent des isolats ethniques. Ce sont de toutes petites unités créées par leurs soins de manière tout à fait artificielle. C’est en ceci que l’ethnologie et l’ethnomusicologie sont fille du colonialisme. Elles divisent pour régner, même si cette division a des prétentions scientifiques. Une science, entre nous soit dite, vite rattrapée, par le commerce. Monsieur l’Ethnologue qui a vécut 3 mois dans le petit village X, en a enregistré la musique puis il l’écoule à travers des disques comme la musique du petit village X, un produit typique. Ne trouvez pas étonnant qu’à l’heure où l’Europe se construisait finalement trouver une unité économique, les ethnomusicologues européen ont découpé le monde iranien en autant de dialectes qui n’existent plus ? Pour ma part, la socio musicologie que je prône me permet d’avoir une vision détachée des contingences et d’embrasser les grands ensembles.