Biographie

Une vie consacrée au santur

Né à Qazvin en Iran, Il acquiert une solide connaissance du radif vocal (l’art d’interpréter les modes de la musique classique iranienne) auprès d’Ali Akbar Khorram. Il poursuit ses études avec Mas’ud Shenassâ, au Centre de Protection et Diffusion de la Musique de Téhéran.

Installé en France depuis 1985, il donne des concerts en Europe et en Afrique, et enseigne le santur.

Il a commencé des études en musicologie auprès de l’Université de Strasbourg, les a poursuivi à Paris VIII, ainsi que des études en ethnomusicologie. Il est diplômé de l’Université Paris Sorbonne-Paris et Docteur en musique et musicologie (ethnomusicologie).

Il a enregistré cinq albums de santur et a dirigé la publication d’une collection de CD (Musique Authentique Iranienne) au Club du Disque Arabe. Il a publié deux ouvrages en langue française, en 2005 chez L’Harmattan, “Les transformations de la musique iranienne au début du XXe siècle (1898- 1940) : Les premiers enregistrement en Iran”, et, en 2013, “Le santur persan” : Edition Geuthner.

 

Hassan Tabar est membre de la Société Française d´Ethnomusicologie (S.F.E.) et du PLM-SEEM-PS (Centre de recherche Patrimoine et Langages Musicaux – Paris-Sorbonne).

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Photo de Thierry Ameller

Présentation par l’artiste

Je n’ai jamais pu expliquer ni aux autres ni à moi-même ce qui m’a poussé à l’apprentissage du répertoire classique de la musique persane, et ce qui m’y retient nonobstant les années passées à l’étudier. À l’âge où les jeunes de ma génération préféraient écouter de la musique pop, j’étais déjà attiré par la musique classique persane.

Les jeunes qui voulaient étudier la musique choisissaient la guitare ou le violon, car se balader avec un étui faisait très chic. J’ai commencé mon apprentissage d’abord par le chant en mémorisant des chansons anciennes. Je fus, durant quelques années, l’élève de Ostâd Khorram (né en 1945 et qui enseigne toujours oralement et gratuitement) à Qazvin, ma ville natale. Ce professeur eut une grande importance pour moi par la qualité de son enseignement. Ensuite, j’ai poursuivi mes études par l’apprentissage du santur avec Ostâd Shennâssâ (né en 1951) au Markez-e hefz-o-eshâeye musiqi-e son’nati-e irâni, le Conservatoire de la musique savante d’Iran) à Téhéran. Il m’a transmis deux répertoires importants, ceux de Mirzâ Abdollâh et d’Abolhassan Sabâ, oralement et par la notation, ainsi qu’un grand nombre de morceaux classiques composés par des maîtres de la musique persane.

Je ne pouvais pas me consacrer entièrement à la musique car j’avais d’autres activités. J’étais passionné de cinéma amateur et je filmais en Super-8, mais mon intérêt principal restait la musique. La révolution de 1979 battait son plein ; malheureusement, le culturalisme qu’elle crut bon déployer eut un impact dramatique sur la musique. Même jouer chez moi présentait un risque. Je jouais à l’aveugle au sous-sol en couvrant l’instrument avec un tissu. Cette situation prit fin avec l’évolution de l’orthoxie vers plus de souplesse.

 

J’ai accompli mon service militaire de 1982 à 1984. Toutes les universités étant fermées, j’ai décidé d’entreprendre des études de cinéma en France.

Malgré ma formation en musique, je ne pouvais pas imaginer devenir professionnel ni poursuivre des études musicales académiques. La musique était tellement sacrée pour moi que mon désir était de la conserver comme un jardin secret. Dès mon arrivée en France en 1985, j’ai reçu des propositions de concerts et c’est ainsi que, peu à peu, j’ai entamé une carrière et suis devenu musicien professionnel. J’ai donné beaucoup de concerts en France et à l’étranger, ainsi que de nombreuses conférences. J’ai participé aussi à de festivals : WOMAD (Afrique du Sud et Angleterre), City of festival (Angleterre), Festival de Compostela (Espagne), Festival International de Musique Andalouse et des Musique Anciennes (Algérie).

Outre ma collaboration avec la fondation Georges-Cziffra, j’ai travaillé avec des ensembles étrangers ainsi que l’ensemble baroque XVIII-21 dirigé par Jean-Christophe Frisch. J’ai publié une cassette audio et cinq CDs en 1993[1], 1996[2], 1999[3], 2000[4] et 2004[5], en soliste ou accompagné.

Faire connaître à l’étranger les maîtres iraniens fut la première entreprise à laquelle je me suis attelé. Personne alors ne l’avait fait, et j’ai sorti dans ce sens une cassette audio et un CD du maître Pâyvar[7]. Poursuivant l’expérience, j’ai créé une collection intitulée « Musique authentique iranienne » qui comprend contre cinq CDs. J’ai édité le premier solo d’ud iranien à l’étranger et publié deux livres[8] en 2005 et 2013.

Sur le plan universitaire, je me suis remis aux études sur le tard en suivant pendant trois ans des cours de communication et de cinéma à l’Université de Paris III (Sorbonne Nouvelle). Je me suis ensuite inscrit à l’Université des Sciences Humaines de Strasbourg pour y étudier la musicologie, filière que j’ai suivie à l’Université de Paris VIII (Saint-Denis).

Enfin, je me suis inscrit à l’Université de Paris IV (Paris-Sorbonne) où le Professeur François Picard a dirigé mon DEA puis ma thèse de doctorat.

 

 

[1] Musique traditionnelle iranienne, Paris, Club du Disque Arabe, AAA 082, 1993.

[2] Musique classique iranienne, Nanterre, Al Sur, Al CD 179, 1996,

[3] Musique classique iranienne, Boulogne, Sunset Music, PS65216, 1999.

[4] Musique classique iranienne, Paris, Nahda, AIA CD 9908, 2000.

[5] Iran, Boulogne, Sunset France – Air Mail Music, SA 141 108, 2004.

[6] Hassan TABAR, Musique traditionnelle iranienne, Paris, 1993, Club du Disque Arabe, AAA 082.

[7] Musique classique iranienne, Nanterre, 1996, Al Sur, Al CD 164.

[8] Hassan TABAR, Les transformations de la musique iranienne au début du XXe siècle (1898-1940) : les premiers enregistrements en Iran, L’Harmattan, Paris, 2005.Le santur persan, Geuthner, Paris, 2013.

 

[9] Musique authentique iranienne, Mansur Narimân, Paris, Club du Disque Arabe, vol. 4, AAA 181, 1999, (collection et texte de présentation : HassanTabar).