Autobiographie

Je n’ai jamais pu expliquer ni aux autres ni à moi-même comment une grande pulsion intérieure m’a poussé vers l’apprentissage de la musique classique comme une grande flamme illuminant mon être tout entier, et qui, jusqu’à aujourd’hui, n’a cessé de brûler. À l’âge où les jeunes de ma génération préféraient écouter de la musique pop, j’étais déjà attiré par la musique classique iranienne. 

Les jeunes qui voulaient étudier la musique choisissaient la guitare ou le violon, car se balader avec un étui faisait très chic. J’ai commencé mon apprentissage d’abord par le chant en mémorisant des chansons anciennes. Je fus, durant quelques années, l’élève de Ostâd Khorram (né en 1945 et qui enseigne toujours oralement et gratuitement) à Qazvin, ma ville natale. Ce professeur eut une grande importance pour moi par la qualité de son enseignement. Ensuite, j’ai poursuivi mes études avec l’apprentissage du santur avec Ostâd  Shenâssâ (né en 1951) au Markâz-e hefz o eshâeye musiqi-e son’nati-e irâni (Centre de Préservation et de Propagation de la musique Traditionnelle Iranienne) à Téhéran. Il m’a initié et transmis deux répertoires importants, ceux de Mirzâ Abdollâh et d’Abolhassan Sabâ, oralement et par la notation, ainsi qu’un grand nombre de morceaux classiques composés par des maîtres de la musique iranienne. 

Je ne pouvais pas me consacrer entièrement à la musique car j’avais d’autres activités. J’étais passionné de cinéma amateur et je filmais en Super 8, mais mon intérêt principal restait la musique. La révolution de 1979 battait son plein ; malheureusement, il s’avéra très rapidement que ce changement politique avait un impact dramatique sur la musique. Même jouer chez moi présentait un risque. Je jouais à l’aveugle au sous-sol en couvrant l’instrument avec un tissu. Cette situation perdura quelques années. 

J’ai accompli mon service militaire de 1982 à 1984. Toutes les universités étant fermées, j’ai décidé d’entreprendre des études de cinéma en France.  

Malgré ma formation en musique, je ne pouvais pas imaginer devenir professionnel ni poursuivre des études musicales académiques. La musique était tellement sacrée pour moi que mon désir était de ne jouer que pour moi. Dès mon arrivée en France en 1985, j’ai reçu des propositions de concerts et c’est ainsi que, peu à peu, j’ai entamé une carrière et je suis devenu musicien professionnel. J’ai donné beaucoup de concerts en France et à l’étranger ainsi que des conférences. J’ai participé à de nombreux festivals : WOMAD (Afrique du Sud et Angleterre), City of festival (Angleterre), Festival de Compostela (Espagne), Festival International de Musique Andalouse et des Musique Anciennes (Algérie). 

J’ai collaboré avec la fondation Georges-Gziffra1 ainis et j’ai travaillé avec des ensembles étrangers ainsi qu’avec l’ensemble baroque XVIII-21 dirigé par Jean-Christophe Frisch. J’ai publié une cassette audio et cinq CDs en 19932, en 19963, en 19994, en 20005 et en 20046, seul ou accompagné d’autres musiciens. 

En 2009, J’ai créé un groupe de musique (ensemble tarab d’iran), Cet ensemble a participé à plusieurs festivals dans les pays du Maghreb.

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Je suis le seul musicien iranien à avoir publié, à l’étranger, des enregistrements de maîtres iraniens : par exemple une cassette audio et un CD du maître Pâyvar8. J’ai créé une collection intitulée « Musique authentique iranienne », au sein de laquelle j’ai édité cinq CDs. J’ai édité le premier solo d’ûd iranien à l’étranger et j’ai publié deux livres9 en 2005 et 2013. 

Description : mansûr nariman - copie

Sur le plan universitaire, j’ai étudié pendant trois ans la communication et le cinéma à l’Université de Paris III (Sorbonne Nouvelle). Je me suis ensuite inscrit à l’Université des Sciences Humaines de Strasbourg pour y étudier la musicologie, puis à l’Université de Paris VIII (Saint-Denis) pour y poursuivre cette formation. 

Enfin, je me suis inscrit à l’Université de Paris IV (Paris-Sorbonne) pour y entreprendre un DEA et mon doctorat. 

1)En 1987 

2) Musique traditionnelle iranienne, Paris, CDA, AAA 082, 1993 

3)Musique classique iranienne / Classic music of Iran, Nanterre, ALCD 164, 1996. 

4)Musique classique iranienne, Paris, Sunset Music, PS65216, 1999. 

5)Musique classique iranienne, Paris, Nahda, AIA CD 9908,2000. 

6)IRAN, Paris, Air Mail Musique, SA 141 108, 2004. 

7)Musique traditionnelle iranienne, Paris, CDA, AAA 082, 1993 

8)Musique classique iranienne, Paris, Al Sur, Al CD 179, 1996. 

9)Le santur persan, Paris, Geuthner, 2013// Les transformations de la musique iranienne au début du XXe siècle (1898-1940) : Les premiers enregistrement en Iran, Paris, L’Harmattan, 2005. 

10)Mansur Nariman, Musique iranienne, Oud, Club du Disque Arabe, CD, AAA 181, Collection Musique authentique iranienne dirigée par Hassan Tabar, 1999 

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