Instruments

SANTOUR

Le santour est un instrument dont la caisse a la forme d'un trapèze isocèle. Son origine remonterait à l'époque sumérienne (entre 3500 et 2000 ans av. J.C) et il aurait donné naissance au cymbalum européen, puis au clavecin et au piano. Il est encore très joué en Orient dans sa forme originelle et dans d'autres pays comme la Chine (Yang-qin), le Cambodge (Khim), l'Inde (Santour) la Grèce (satouri) ou la Hongrie (czimbalom).
Le santour comporte 72 cordes métalliques qui reposent sur 18 chevalets (kharak).

Les cordes sont fixées directement sur la caisse de résonnance, à droite , et viennent s'enrouler chacune sur une cheville, à gauche. Les 72 chevilles permettent d'accorder l'instrument à l'aide d'une clef. Les 4 cordes qui passent sur le même chevalet sont accordées à l'unisson, les 18 chevalets sont répartis de part et d'autre de la caisse de résonance ; des cordes en laiton sont fixées sur la série de droite (fréquences basses) et des cordes en métal sur celle de gauche (fréquences hautes).

Les chevalets sont mobiles, mais en général, ceux de gauche partent du tiers de la corde, ce qui permet de disposer de deux notes séparées par une octave pour un même groupe de quatre cordes. Les chevalets, en bois, sont surmontés d'une pointe en acier, ce qui éclaircit et intensifie le son, tout en évitant que le bois ne soit écrasé sous la tension des cordes.

La note la plus grave est Mi, premier chevalet en bas à droite (cordes en laiton) ; la plus aiguë est Fa, neuvième chevalet en haut à gauche (cordes en acier).
Il existe un autre type de santour que celui utilisé habituellement dans les ensembles de musiciens, plus petits et de sonorité plus aiguë, il porte le nom de "santour-é-Kuk".
Le santour se joue avec deux baguettes en bois de noyer, fines et légères, d'environ 22 cm de long, appelées mezrâb-s (figure 3 et 4). Elles comportent trois parties : la tête (sar-e mezrâb), le corps (sâgheh-ye mezrâb) et le centre (halgeh-ye mezrâb). Le mezrâb est tenu par le pouce, l'index et le majeur, la frappe suivant le mouvement du poignet (figure 5) . Aujourd'hui, et contrairement à la tradition, les joueurs de santour mettent souvent un petit morceau de feutre sous la tête du mezrâb pour atténuer le son.

1. La tête
2. Le corps
3. Le cercle

La pratique harmonieuse du santour passe d'abord par un accord juste de l'instrument, ce qui n'est pas sans difficulté.

 

ZARB (TOMBAK)

:Le zarb est un instrument en bois de mûrier ou de noyer, la partie supérieure cylindrique est recouverte d'une peau de chèvre ou de mouton ; le diamètre de l'instrument varie entre 25 et 35 cm et sa hauteur est d'environ 45 cm.
Pour jouer, on pose l'instrument horizontalement, la partie cylindrique la plus large (le fût) repose sur la cuisse droite, et la partie plus étroite (le col) vient sur la cuisse gauche ; l'avant bras gauche s'appuie sur la fût de l'instrument et la main gauche vient frapper sur la peau d'un mouvement de poignet, tandis que la main droite vient plus librement à droite de l'instrument. Le musicien joue les doigts ouverts ou fermés, en frappant sur trois zones circulaires qui vont du centre vers la périphérie. Un dicton populaire iranien dit qu'un ensemble de musiciens sans joueur de zarb est comme un plat sans sel ...

© Hassan Tabar